Ceci est votre profil. Personnalisez-le en déposant votre photo et complétant les différentes rubriques. Vous pourrez également nous partager le récit de votre aventure lorsque vous aurez bouclé la RDS !
Ce compte n’a pas encore ajouté d’informations à son profil.
RDS terminée !!! Ouf !!
Pour celles et ceux que la liste de matos intéressent, la voilà : https://lighterpack.com/r/y4xy8z M-18, j'entends pour la première fois parler des Sagards en visionnant le super reportage de Benoît Gandolfi sur son 24h D+, l'idée s'installe... M-12/M-9, je construits le vélo de mes rêves, capable de gérer l'enneigement hivernal. Grâce à lui, presque tout l'hiver je vais en vélo quasi quotidiennement au boulot et ce peu importe les conditions météo. 70km et 1400D+ aller/retour avec un passage au dessus des 1200m d'altitude. À force de passer toutes les semaines 9 à 12h sur le vélo, dans le froid, la pluie, la neige, intégralement de nuit, etc; je n'ai même pas le luxe de pouvoir me poser la question de prendre le vélo, je le prends un point c'est tout, peu importe les conditions; physiquement j'ai la pêche mais aussi techniquement et psychologiquement, À la fin de l'hiver je me dis que c'est dommage d'avoir une telle forme mais de ne rien en faire, c'est alors que l'idée se forme. M-6, avec ma compagne on décide de déménager pour les Vosges, c'est donc décidé : c'est l'année, je tente une route des Sagards hivernale. M-3, arrivée dans les Vosges, toujours la forme du velotaf mais l'été c'est quand même plus simple, va falloir bosser le mental. M-3/M-0, à la moindre météo perturbée je sors le vélo, je repère un peu, je bosse les cartes, et surtout le matos! Jour J, j'aurais bien attendu un peu plus que ça dégèle mais à cause du boulot je peux pas me le permettre. J'ai 2 jours de visu météo, il fait assez beau, c'est la pleine lune, c'est parti c'est aujourd'hui ! J'avais peur d'être obligé de le faire en hiver mais avec des fausses conditions hivernales (pas de neige, des températures positives, etc), heureusement ça n'a clairement pas été le cas! Après une nuit à -6 pour bien préparer la route! Rendez-vous rééducation pour mon chien le matin, je pars en en revenant. Ça me permet de pas trop me faire des nœuds au cerveau avant de partir, c'est parfait. On rentre, je me change et ça y est, ça peut commencer! Je pars donc, arrivée à Larcenaire, un dernier regard en arrière sur Bussang, et je bascule sur la route forestière. Km3, je roule déjà sur la neige, ça commence direct! Page, puis redescente, remontée au Ventron. Et là à 2km de la chaume, les traces de 4x4 que j'utilise pour avoir de la neige tassée s'interrompent. Je descends et commence à pousser. Ce que je ne sais pas, c'est que derrière c'est le même état jusqu'au Bramont. 10km à pousser le vélo dans la neige, je mets 2h, cette route des Sagards s'annonce horrible et les conditions moins bonnes que prévu. Arrivée au Bramont et déjà le soleil se couche alors que j'avais visé les crêtes du Markstein, je suis clairement en retard! Descente puis remontée au Haag. Cette fois ça va un mieux, pas de neige dans la montée seulement quelques plaques de verglas qui m'obligent à m'arrêter et descendre du vélo. Arrivée en haut c'est parti pour les pistes de ski de fond, mais la neige a bien verglacé et je commencerai là ce que je vais faire toute la traversée : pédaler, voir une plaque de verglas, m'arrêter et descendre du vélo, chercher par où passer, passer la plaque, remonter. Et ce plusieurs fois par km, tout au long du parcours. Je crois que ça sera ça le pire! Heureusement arrivé en haut du Haag la pleine lune m'attend, énorme et éclairant tout le massif par cette nuit sans nuages. S'ensuit l'enchaînement des cols vers le Petit Ballon que je ne connaissais pas, le sol alterne entre route et neige, les kilomètres passent au compte goutte. Une petite chute après Wasserbourg, la seule du parcours malgré des centaines de glissades. Je déroule et continue, rien à dire à part le froid qui commence à s'installer, le compteur annonçant des températures qui oscillent entre 0 et -5. Le petit coup de cul dans les Hautes Huttes me déclenchera une vive douleur dans le genou gauche qui va s'installer pendant 2 bonnes heures, puis faire des visites surprises le reste du parcours. J'arrive au col du Bonhomme et comme prévu, je dois porter un peu pour aller au col de Pré de Raves. Cependant je pensais pouvoir descendre après le col, mais non c'est trop demandé visiblement. La route est fort en enneigée et s'est transformée en patinoire. La longue descente jusqu'à Planfaing se transforme en cauchemar. Les petites routes que me fait prendre la trace sont complètement verglacées, je me les gèle, c'est horrible et j'y laisse presque toutes mes plumes. S'ensuit la poste forestière Louis François. J'alterne portage et roulage suivant le type de neige, c'est long! Je finis enfin par atteindre la descente sur Longemer mais j'ai pris ma décision, mes mains n'ont plus de grippe à force de freiner, c'est trop dangereux de continuer. Et puis de toute façon c'est trop dur, j'avais pas prévu des conditions aussi pourries, ni que les routes qu'on prenait étaient si peu empruntées et donc entretenues, surtout l'hiver. J'arrive à Longemer vers 7h du matin, moitié du dénivelé de fait, j'ai passé une nuit sur le vélo c'est ce que je voulais, la sortie est déjà belle. Comme prévu je me prends une pizza au distributeur 24/7, puis je vais m'allonger dans la laverie à côté pour faire une sieste. Pas de décision hâtive, dormons d'abord... ... Et je me réveille un autre homme 40mn plus tard, alors que depuis le début j'y croyais pas trop, cette fois ci je sais que je peux finir. En tout cas je vais essayer, et on va voir pour mes mains. Peut être que je continuerai que 5, 10 ou 15km mais je n'abandonne pas. Je repars pour le Poli qui lui contrairement à mes attentes est non enneigé, puis direction Épinal. Tout va bien à part qu'il bruine et que ça mouille ! Je trouve la partie jusqu'à Épinal assez peu intéressante et qui traine en longueur, hésite à couper pour rejoindre le moment où le tracé repart dans les montagnes. Arrivé à Épinal arrêt boulangerie, je regarde mon téléphone et un ami me dit qu'il vient me rejoindre pour rouler avec moi sur la fin pour l'enfer Haut Saonois, ça ça fait du bien au moral! Je repars d'Épinal et enchaîne jusqu'au Jarménil. Ça fait du bien de reprendre le dénivelé... Pour une montée seulement. Le début de la montée à la tête des cuveaux me tue, je m'y attendais pas à celle là! Redescente puis petit enchaînement haut du Tôt, Fouchure, Burotte. C'est raide mais celles ci je m'y attendais. Pendant ce temps le soleil se couche et je rallume les frontales. Je sens que l'attention commence à pêcher en plus d'avoir toujours du mal à freiner. Le cerveau a du mal à analyser ce qu'il voit, je lui demande bien trop de concentration pour lire la route, le type de neige, etc, tout ça à la frontale. Col de Morbieux et de la Sure, plus qu'eux et je rejoint Valentin MERTZ , c'est cool! Mais ils s'avèrent abominables. Plaque de verglas sur plaque de verglas, mon avancée est en permanence interrompue. La difficulté du col de la Sûre me tue et j'aurai du mal à arrêter de me décomposer après cela. Je descends et rejoint enfin Val, avec 1h de retard sur ce que je lui avais annoncé, désolé Val! La montée du poteau passe très bien, et là haut entre lune et étangs les paysages sont magnifiques! On papote et je revis un peu. Puis arrive le tant redouté, la montée a Belfahy. Rampe après rampe on monte, plusieurs fois obligé de déclipser à cause du verglas mais on arrive à remonter sur les vélos. Ça n'en finit plus, je crois que Val regrette presque de m'avoir accompagné, il ne connaissait pas cette montée et ils ont pas l'air d'être copains. Des douleurs dans le dos m'empêche d'appuyer fort sur les pédales, bref c'est une horreur. On arrive enfin là haut, arrêt fontaine puis on enchaîne jusqu'à Chevrères. J'ai mis mes dernières forces dans cette montée, mais il me reste deux difficultés et celles ci je ne les connais pas. La montée au Plain des bornes... Je ne sais même pas quoi en dire. C'est tout simplement abominable et je ressens le poids de toute ma fatigue. Encore une fois les couches de verglas me font déclipser mais cette fois ci je galère plus à remonter, le moral, le physique, tout s'effondre. Sur la dernière rampe (bon qui doit faire 1km) encore du verglas, je ne remonterai pas sur le vélo et je pousse tout du long. Arrivé en haut épuisés, je me rends compte qu'à force de tant marcher j'ai défoncé la cale, je ne peux plus clipser à droite. Merde, il reste une côte encore. Bon en même temps mieux vaut maintenant que plus tôt dans l'aventure. On repart et la descente à Belmont est patinoire et n'en finit jamais. Il y en a marre, je veux en finir. On entame la dernière montée mais avec un pied non calé (je suis en cales routes) ça marche pas. Je finis par enlever ma chaussure et pédaler en chaussette à droite, ça fonctionne pas si mal. Tant bien que mal on arrive en haut, mi roulant mi portant les vélos. Ça y est, c'est fait, plus que l'épilogue ! On descend puis montée à la mine, piste cyclable, contre voie par les Champs Colnot et on arrive enfin. Un au revoir avec Val que je remercie encore vigoureusement et je rentre à la maison me réchauffer, m'alimenter, et surtout dormir! Les paysages sont magnifiques et sublimés par la pleine lune, mention spéciale à la vue à l'arrivée au col juste avant Munster. Au final j'aurai pas eu si froid, j'ai mis mon change sec à Liézey. Niveau physique j'ai eu mal partout, sauf aux jambes. Douleurs aux pieds/chevilles la chaussette a frotté et compressé certaines parties, d'ailleurs les 15 dernières heures j'avais une chaussette fine + chaussette néoprène à droite et une chaussette laine à gauche. Ensuite douleurs frottements aux fesses et à l'aine. Très grosses douleurs bas du dos musculairement qui m'ont handicapé dans les montées à 15+%, très grosses douleurs et fatigué dans les mains à force de serrer les freins. Et douleurs cervicales, mais moins que prévu. Le pire c'était pas le physique c'était le moral. L'attention constante et le manque de sommeil m'ont épuisé petit à petit et m'ont fait mourir à petit feu. La solitude, la nuit (37h 49mn total, 12h30 de jour, 25h19 de nuit), le portage obligatoire sur certaines portions (je dirais 30 à 40km en tout) et les conditions d'enneigement/de gel (température moyenne 1 degré) ont bien compliqué cette trace déjà folle qu'est la route des Sagards.Bon et du coup, j'ai le droit de dire que je suis Vosgien maintenant?