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Samedi 23 mai 2026 Déjà 2 ans que j’ai ce chantier en tête, cette fois les planètes s’alignent en ce week-end de Pentecôte (et il y en aura un paquet de pentes et de côtes…), météo au top malgré les fortes chaleurs prévues. Je décide donc de partir de Sapois pour pouvoir me faire une bonne petite pause à Munster après en gros 200 km. Je décolle donc ce samedi 23 mai à 9h50. Première grimpette pour s’échauffer et rejoindre le Saut du Bouchot, premier arrêt pour prendre en photo cette cascade rafraîchissante. Puis les cols de Fouchure, de la Burotte et des Tayeux sont vite avalés, la température est encore agréable et c’est un coin que j’adore pour ces vues et surtout loin de toute circulation intempestive. Après une descente sur Saulxures-sur-Moselotte, j’attaque le fameux col de Morbieux si souvent escaladé que j’apprécie d’autant plus qu’il se trouve à l’ombre. La descente très rugueuse et bosselée s’interrompt assez vite au bout d’un virage où se dresse maintenant les 3 km du col de la Sure et ses pentes entre 10 et 15% puis le léger passage gravel au début de la descente vers Ferdrupt. Puis je rejoins au niveau de Ramonchamp la terrible montée de la Colline en plein cagnard pour arriver au fameux carrefour du monument du Poteau avec ses plus de 9% de moyenne. Heureusement à partir de là un peu de répit et de récupération avec la traversée du Plateau des 1000 Etangs pour rejoindre Servance. On reprend les choses sérieuses avec la redoutée montée vers Belfahy et rejoindre le col des Chevrères. Il est environ 13h et là la chaleur devient écrasante dans cette petite route encaissée mais curieusement tout se passe bien je prends mon rythme et 300 m avant Belfahy je croise un peloton de VAE qui descendent, avec les papis et mamies qui m’encouragent bien contents de ne pas être à ma place… Après un petit ravito rapide en prévision de la suite très exigeante avec la montée du Plain des Bornes et de celle du Lanxey pour rejoindre la route du Ballon de Servance et la redescente vers le col des Croix. Avant le Thillot, petite variante en prenant la route des Mines et là je tombe sur un troupeau de chèvres profitant d’un coin d’ombre en plein milieu de la route et je comprends très vite qu’elles n’ont pas l’intention de bouger !!! Bon alors on ne va pas contrarier ces « dames » et je me retrouve à marcher et contourner dans le pré la « manifestation » ! J’arrive au Thillot où j’ai prévu un bon arrêt ravitaillement solide ET liquide après ces 85 premiers km. Puis digestion tranquille sur la Voie Verte jusqu’à Saint-Maurice-sur-Moselle pour attaquer le col du Page sur une route d’abord surchauffée jusqu’à la petite station de ski de Larcenaire pressé de rejoindre les derniers km en forêt plus à l’ombre mais la chaleur est bien présente malgré tout. Après la courte descente du col d’Oderen un peu plus haut, vient l’ascension de la Chaume du Grand Ventron avec sa route forestière et son refuge des Places où coule une source dans un tronc d’arbre, j’en profite pour une pause fraîcheur pour ne pas dire une petite « douchette » bien appréciable à ce moment-là et repartir pour passer le col du Bockloch au niveau de l’ancien refuge actuellement en travaux, d’où le panneau route barrée jusqu’en 2027 à l’entame de la montée mais ça passe à vélo. Descente très inconfortable et légère remontée pour arriver au col de la Vierge sur les hauteurs de la Bresse. Là je connais bien j’y passe souvent et je profite de la descente vers le col du Bramont. Je me laisse aller dans la superbe descente pour rejoindre le lac de Kruth. Il est environ 18h, la température est un peu plus supportable et heureusement car vient le point culminant de cette route des Sagards, à savoir la montée du Haag depuis Saint-Amarin, 12 km très exigeants avec un léger répit au village de Geishouse, juste assez pour affronter la nouvelle voie verte réservée aux vélos et randonneurs, macadam parfait il est 19h, 30 minutes plus tard j’arrive au Haag aucun signe de fatigue pour le moment la gestion est étonnamment bonne, je croise les doigts mais le fait de me rapprocher de la maison y est pour beaucoup, bref il y a encore de la route, Markstein puis descente vers la vallée de Guebwiller en empruntant la route forestière du Remspach pour rejoindre Linthal. La montée vers le col du Boenlesgrab signifie pour moi la bascule vers « ma vallée » celle de Munster, mais cette montée me semble in-ter-mi-na-ble… 5 km presque en ligne droite, je commence franchement à fatiguer je compte presque les coups de pédales pour m’occuper !!! Enfin le col et la fameuse partie gravel pour rejoindre le Firstplan aux environs de 21h, la descente vers Soultzbach est presque une délivrance, mais il reste encore la montée du Ried et ses pourcentages à 2 chiffres, 21h30 Wasserbourg, je n’aurais jamais monté aussi lentement cette route et enfin 22h00 la bascule vers la descente, il fait quasiment nuit dernière photo de la dernière lueur de cette journée. Ca sent « l’écurie » mais ce n’est pas encore terminé bien-sûr ! Encore un p’tit coup de cul vers l’Obersolberg sur les hauteurs de Munster, je suis sur la réserve presque plus d’essence mais je profite de la dernière descente prudemment par rapport à l’éventuel gibier, puis c’est la délivrance, les premiers lampadaires d’Eschbach-au-Val et enfin la remontée de la Grand’Rue de Munster… il est 22h30, 208 km au compteur en 12h40, il est temps de requinquer « l’apprenti Sagard » après cette journée et de ne pas oublier d’affûter la scie pour le lendemain car il y a encore du boulot, mais j’ai l’impression d’avoir fait le plus dur. Dimanche 24 mai 2026 Je ne dormirai que 3h environ mais je repars bien revigorer, il fait 17°C et c’est aux premières lueurs d’une nouvelle journée cette fois, que j’entame la première ascension que je connais par cœur sans échauffement, comme très souvent, à savoir celle du Wettstein, « mon » Wettstein adoré j’y passe plus d’une centaine de fois tous les ans. Petite variante tout de même en empruntant le rude chemin du Schirbach avant la traversée de Soultzeren encore endormie. Au fur et à mesure que je grimpe la fraîcheur de la vallée est vite remplacée par une certaine moiteur et il fait déjà plus de 20°C au Wettstein à 880 m. Puis vient la courte mais non négligeable montée des Hautes-Huttes avec ce beau panorama sur la vallée d’Orbey et sa Tour du Faudé avant de rejoindre le discret lac Noir, puis en remontant vers le col du Calvaire, le lac Blanc ou je rejoins quelques participants de la « Hamster Classique » organisée par les Randonneurs de Strasbourg, un autre délire de 400 km environ au départ de Strasbourg et en passant par la Forêt Noire et en remontant par les Vosges. Nos parcours seront communs jusqu’au col du Bonhomme. Je continue la route des Crêtes jusqu’au col du Pré des Raves et entame la descente de la RF Jean-François Pelet, héros de la résistance. Au col de la Séboue, direction le « Fer à Cheval » pour retomber sur la descente du col du Bonhomme côté vosgien près de Plainfaing. Puis vient la traversée de Barançon, la Hardalle, avec en bonne surprise la descente refaite d’un beau bitume. On continue avec le col de Rovémont pour basculer vers la route du défilé de Straiture. Mais avant de rejoindre la perle des Vosges à savoir Gérardmer, on emprunte un itinéraire bis tantôt à droite tantôt à gauche de la Petite Meurthe, deux chemins secrets, authentiques dont la RF Louis François, autre résistant exécuté avec J-F Pellet. Arrivée au col de Surceneux avant de rejoindre le lac de Longemer puis grimpette du Poli, une petite partie de la route des 17 km et vertigineuse descente des Gouttridos pour quasiment plonger dans le lac de Gérardmer ! Il est 11h30, je fais une bonne pause ravito et ça commence de nouveau à bien chauffer. 12h je reprends la route avec l’escalade des Xettes pour rejoindre au plus vite la partie forestière qui mène à Liézey, petite pause photo au point de vue Morand avec en surplomb le majestueux lac de Gérardmer. A Liézey petit détour jusqu’au point d’eau près de l’église pour repartir avec de l’eau fraîche qui ne le restera pas longtemps ! La chaleur se fait accablante, plus de 40°C au soleil je m’asperge le plus possible pour refroidir le moteur. En plus place à la partie de la trace bien à découvert, Champdray, Laveline-du-Houx, Lépanges-sur-Vologne, c’est looooong, je sèche sur pied, je bois de l’eau chaude… Puis vient enfin les abords d’Epinal mais là pour rejoindre l’agréable piste cyclable qui longe la Moselle je me retrouve au pied d’un scabreux escalier très irrégulier et me dis que ça y est je me suis trompé sur le parcours. Je rebrousse chemin pour voir s’il y a un accès plus cyclable mais non visiblement c’est bien par-là qu’il faut passer ! Content d’arriver en-haut sans m’être lamentablement vautré, je rejoins Epinal et le point de départ officiel du camping du Château. Mon GPS sonne la fin de la trace tout fièrement mais pour moi il reste encore une cinquantaine de km à parcourir pour rallier Sapois ! Je recharge donc la trace sur le Garmin et repars aussitôt pour 5 km de montée à l’ombre et le long de la N57 puis redescente pour rejoindre la route qui serpente le long de la Moselle, Archettes, Jarménil… là retour des bonnes grimpettes, redescente vers Eloyes. Il est bientôt 15h45 et j’ai terriblement soif, il me faut du frais, du pétillant et miracle juste au pied de la terrible montée, j’aperçois une terrasse avec des parasols mais il n’y a personne je m’approche quand-même, la porte du bar est ouverte mais la serveuse me dit que l’ouverture est à 16h ! C’est bon je devrais tenir et Je m’installe donc tout dégoulinant et patiente… J’engloutis 2 cocas il fallait bien ça pour affronter le mur qui allait suivre et passer au col du Singe. Descente vers la Forge près du Tholy pour escalader la dernière montée de cette route des Sagards, à savoir le Haut du Tôt, dernier effort de 10 km pour enfin basculer et profiter de la belle descente vers Sapois. Ca y est c’est fait il est 18h20, 405 km, 10 148 m D+, 32h30… mission accomplie me voilà intronisé SAGARD !
